Le billet d'humeur d'Olivier Guilbaud, le nucléaire.

« La nature pour être commandée doit être obéie » (Francis Bacon)

25 ans après celui de Tchernobyl, le drame de Fukushima restera bien dans les annales.
Une révolution autour de l’atome en sera une des conséquences puisqu’il est désormais démontré qu’un pays sécurisé au plus haut point peut lui aussi être pris à défaut sur la maîtrise d’une énergie très impactante pour nos générations futures. La nature aura toujours le dernier mot ! Il est temps de le comprendre et s’il y avait un véritable génie humain, il s’agirait de reconnaître cette évidence.
En France, pays d’électricité peu carbonée mais fortement nucléarisée, nous sommes uniques au monde sur ce sujet … enfin presque.
D’un côté, 30 pays qui ont une production d’électricité nucléaire avec 6 d’entre eux qui représentent près de 75 % de la production totale. A noter : l’âge moyen du parc des réacteurs est de 26 ans avec un renouvellement quasi inexistant depuis près de 20 ans. D’un autre côté, l’Espagne, avec ses parcs éoliens et panneaux photovoltaïques est proche d’une couverture quasi verte en matière de besoins électriques. L’Allemagne s’y est engouffrée depuis bien longtemps.
Un entêtement bien français nous vaut donc de privilégier une voie quasi unique alors que nos voisins carburent au renouvelable ou s’y attèlent rapidement en tout cas.
Certes, le soleil et le vent ont un défaut grave, ils sont gratuits.
Certes, l’amour de la nature ne fournit de travail à nulle usine.
Certes, les changements d’orientation sont longs et difficiles.

Mails il est temps de :
- Retrouver le sens politique dans sa noble expression qui est de fixer le cap sur le long terme, quitte à revoir des engagements de court terme, et à déplaire à l’électorat (une hausse des tarifs est inéluctable).
- Dépasser le concept de l’homme technologique tout puissant pour intégrer le concept de l’homme solidaire en symbiose avec son environnement qu’il doit respecter.
- Comprendre qu’après le « small is beautiful » nous convergeons vers le « local is beautiful », en privilégiant une forme d’autonomie énergétique local grâce à de jolis bouquets énergétiques (solaire thermique, photovoltaïques, éolien, biomasse, hydrolien…). L’échelle énergétique va changer de seuil pour redescendre à la région, la commune, le particulier.

Le Grenelle peut encore être rattrapé mais il faut que le politique se réveille et n’oublie pas que :
- le véritable génie humain qui veut que maîtriser la nature, c’est lui obéir
- agir, c’est aussi penser aux générations futures.

Olivier Guilbaud, président du laboratoire