Récit de voyage à Madagascar (mai 2010)
En mai dernier, Gilles Guilbaud effectuait son 16ème voyage à Madagascar, l'aventure ayant commencé en 2001. L'occasion d'effectuer un point sur l’avenir de notre filiale Mada Body Nature située à Antananarivo et de réaliser un état des lieux sur notre production d’huiles essentielles. Voici le récit d’un voyage riche en découvertes, et en bonnes nouvelles venues de nos plantations :
« Pendant ce séjour sur l’île rouge, j’ai été marqué par l’instabilité politique et sociale toujours très présente , faisant régner une sensation d’insécurité permanente, surtout aux abords de la capitale et des grandes villes. L’économie est particulièrement précaire, le chômage augmente de façon significative et la survie semble permanente, impression aggravée par le manque d’infrastructures routières (pas de voies ferroviaires, pistes mal entretenues …). Dans la campagne, les cieux ont été plus cléments et la récolte de riz est abondante, de qualité et abordable. Avec 1€, on peut acheter 3 à 4 kg.
Concernant notre plantation, nous sommes désormais à 5000 arbres plantés avec le suivi de notre nouvelle gérante Ando (fille de Lolona devenue maintenant conseillère technique), ainsi que 2 autres permanents. Nous n’avons pas procédé à de vraies récoltes pendant 2 ans, ceci dans le but de laisser les arbres se développer. Nous avons adopté une nouvelle méthode qui consiste à cueillir feuille par feuille (comme la cueillette du thé). Les dernières observations des plants nous donnent de bonnes espérances : les bourgeons sous les anciennes feuilles s’épanouissent et donnent naissance à de nouvelles pousses qui sont superbes. Nous espérons pouvoir effectuer une 2ème distillation en octobre lors de notre prochain voyage sur l’île.
La distillation de mai 2010 a permis d’obtenir de l'huile essentielle de ravintsara de qualité certifiée bio, superbe. La totalité servira en priorité à la fabrication des 3 majeures et des produits finis tels que le Baume chinois. Pour rappel, il faut plus de 100 kg de feuilles pour obtenir un litre d’huile essentielle dans le vase florentin. Nous avons offert l’eau florale chaude de l’alambic à toutes les familles qui la conservent précieusement pour la boire, se laver, se masser et se soigner. Les enfants l’adorent. Par ailleurs, nous nous nous sommes engagé avec des communautés religieuses pour sécuriser nos approvisionnements.
À la fin du voyage je me suis rendu à Fort Dauphin, au sud-est de Madagascar, à la recherche de la Pervenche de Madagascar. Cette plante est reconnue pour avoir de nombreuses propriétés, notamment pour les défenses immunitaires et serait intéressante pour la formulation de cosmétiques. J’ai vu d’immenses champs et j’ai été surpris par la profondeur des racines (environ 1 mètre) malgré le sol aride.
L’approvisionnement de notre huile essentielle de niaouli (mélaleuca quinquenervia) ne pose pas de problème majeur. Nous avons une réserve de 2600 ha. Pour la Saro, nous essayons d’être autonomes, et travaillons en partenariat avec l’université de Majunga, dans une zone sèche au nord-ouest de Madagascar. Pour cette huile essentielle exceptionnelle, nous avons signé une convention. Il nous reste à installer l’exploitation avec l’achat de 2 pirogues, un alambic, des bidons neufs, la construction d’une maison, et la mise en place d’un gardiennage. Nous pourrons ensuite débuter la récolte sur les 6000 ha mis à notre disposition.
Pour terminer, les Malgaches sont remarquables. Malgré la pauvreté et l'anéantissement dû au système politique et à la corruption, ils sont courageux, souriants, aimables, disponibles et accueillants. Un exemple à suivre.»
Voir le courrier du directeur de l'école d'Ampahitra adressé à Mr et Mme Guilbaud.
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